Vito Acconci

On ne peut résumer l’œuvre de Vito Acconci (1940-2017) à son Seedbed. Je n'évoque ici cette performance que parce que je l'avais oubliée dans le billet sur les expositions vides.
En effet, le public qui pénétrait dans la galerie Sonnabend en janvier 1972 (et non en 1971 comme on l'indique souvent par erreur) pouvait penser se confronter de nouveau à un pur travail sur le vide. Seuls les soupirs et les mots proférés à voix basse qui s'échappaient d'un unique haut parleur lui faisaient réaliser qu'il se trouvait partie prenante d'une performance sophistiquée.

I'm turned to myself: turned onto myself: constant contact with my body (rub my body in order to rub it away, rub something away from it, leave that and move on): masturbating: I have to continue all day—cover the floor with sperm, seed the floor.



Le public de la galerie Sonnabend croyait sans doute dans un premier temps se confronter à la problématique du vide. Seuls les chuchotements diffusés par le haut parleur pouvaient l'orienter vers la véritable dimension de la performance.




Un faux plancher avait été installé dans la salle d'exposition. Deux après midi par semaine, l'artiste se glissait dans le faible espace ménagé entre sol et plancher, et durant de longues heures, ils se masturbait en évoquant le public qui marchait au dessus de lui.
Contrairement à ce que prétendent obstinément les critiques, il ne pouvait évidemment se livrer à cette seule activité que pour un temps limité. On ignore absolument comment il occupait son temps pendant ses périodes de récupération, ce qui laisse place à de nombreuses suppositions.

Une video a enregistré cette performance. Elle n'est, bien sur, pas à mettre entre toutes les mains.


Sous le faux plancher de la galerie Sonnabend, Vito Acconci se tripotait, instaurant d'autorité une intimité entre l'artiste et son public.





En 2005, Marina Abramović a reproduit Seedbed au Musée Guggenheim. L'effet produit était totalement différent, l’œuvre étant alors connue du public. D'autre part, un haut parleur de grande taille avait été installé afin que les soupirs de la performeuse emplissent tout l'espace.

“Ohhhhh, yes, I love you…. Oh,o h, yes, I need you…. I need your permanent erection … uunn … ohh,”


   Dans Undertone (1972), Vito Acconci se tripote en nous faisant partager
ses fantasmes à propos d'une femme imaginaire, assise à la place du
spectateur.


Vito Acconci a été récompensé par de nombreux prix et bourses. En 2000, il a même été nominé pour le prestigieux prix Hugo Boss.

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